Chaque bijou commence par une idée.
Parfois une forme que j’ai en tête depuis un moment, parfois une pierre, un morceau de métal, une association de matières ou simplement une envie de tester quelque chose.
Je ne sais pas toujours à l’avance ce que la pièce va devenir.
Il y a les bijoux que j’imagine assez clairement avant de commencer, et puis ceux qui apparaissent progressivement, au fil des essais et des transformations.
Commencer par la matière
À l’atelier, je travaille principalement à partir de plaques ou de fils de laiton.
Je découpe, je forme, je tords, je brase, je martèle… Selon la pièce, les étapes sont différentes et il n’y a pas vraiment de recette unique.
C’est souvent en travaillant directement la matière que l’idée commence à prendre forme.
Je peux partir avec une idée assez précise et finalement changer complètement de direction. Une forme peut m’amener vers une autre, un assemblage peut donner envie d’être modifié, une pierre peut finalement ne pas fonctionner avec ce que j’avais imaginé.
Trouver la forme
Souvent, je commence avec une idée assez simple.
Une forme que j’ai en tête, un assemblage qui me vient, une pierre que j’ai envie de travailler, ou parfois juste un morceau de métal que je regarde en me demandant ce que je pourrais en faire.
Et puis je commence.
Je découpe, je tords, je rapproche deux éléments, j’en enlève un… Et assez vite, la pièce commence à prendre une direction qui n’était pas forcément celle que j’avais imaginée.
C’est aussi ça que j’aime dans le travail à l’atelier. Je peux avoir une idée assez précise au départ et finalement changer complètement de chemin en cours de fabrication.
Parfois parce que la forme ne fonctionne pas. Parfois parce qu’un détail me plaît et me donne envie de partir ailleurs.
Il y a aussi tout ce qui ne fonctionne pas.
Une proportion qui ne me plaît pas, une association qui paraît intéressante sur le papier mais beaucoup moins une fois devant moi, une pièce que je recommence parce que quelque chose ne va pas sans que j’arrive forcément à mettre le doigt dessus immédiatement.
Les essais font partie du processus. Certains aboutissent à une pièce, d’autres restent dans un coin de l’atelier et attendent parfois plusieurs mois avant de me donner une nouvelle idée.

Du prototype à la pièce
Quand une forme me plaît vraiment, il faut encore voir ce qu’elle donne une fois portée.
C’est là que certains détails prennent leur importance.
Une bague peut sembler évidente dans ma tête et finalement ne pas fonctionner une fois au doigt. Une boucle peut avoir une jolie forme mais ne pas avoir le mouvement que je recherche. Un assemblage peut être intéressant visuellement mais trop lourd ou pas assez équilibré.
Je teste donc, je modifie, je recommence.
Quand ça coince quelque part, il m’arrive aussi de garder une idée de côté et d’y revenir plus tard, avec un regard différent. J’ai du coup beaucoup de débuts de projets, en attente ^^
Parfois, c’est simple, il suffit de modifier légèrement une proportion pour que la pièce trouve enfin sa forme. D’autres fois je peine à y revenir et la pièce ne naît jamais.
C’est souvent un processus assez long pour une pièce qui, au final, peut paraître très simple.
Et c’est probablement ce décalage qui me plaît le plus : derrière une forme qui semble évidente, il y a parfois beaucoup de recherches, d’essais et de petites décisions. Et aussi d’autres pièces où tout coule de source et la réalisation s’enchaîne sans accroche.
Des pièces que je peux reproduire, d’autres pour lesquelles ce serait impossible…
Et puis vient la finition
Une fois la forme trouvée, il reste encore tout le travail de finition.

Reprendre les bords, travailler la surface, puis donner au métal son aspect final.
C’est une partie moins visible du travail, mais essentielle.
Parce qu’un bijou peut être très simple en apparence et avoir demandé beaucoup d’essais avant d’arriver à cette simplicité.
Il faut ensuite encore vérifier la pièce dans son ensemble, son équilibre, ses détails, la manière dont elle se porte et s’assurer que tout est bien en place.
Ce sont toutes ces petites étapes qui permettent finalement de passer d’un morceau de métal travaillé à un bijou que l’on peut porter.
Une pièce qui quitte l’atelier
Et puis vient le moment où la pièce quitte l’atelier.
C’est toujours un peu particulier. Après avoir passé du temps à la fabriquer, à la modifier, parfois à la recommencer, elle va finalement vivre ailleurs.
Je ne sais pas toujours ce qu’elle deviendra ensuite. Qui la portera, à quelles occasions, pendant combien de temps.
C’est aussi ce qui me plaît dans le fait de fabriquer des bijoux.
La pièce commence par être une idée, passe par l’atelier et finit par trouver sa place dans la vie de quelqu’un.
Et finalement, c’est peut-être là que le bijou commence vraiment à vivre.
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